Cette partie s'adresse à vous si vous envisagez un traitement GLP-1 pour perdre du poids et que vous ne l'avez pas commencé. Elle dit ce qu'est le GLP-1, ce qui existe, qui peut le prescrire, comment se passe l'accès en France, ce que l'Assurance Maladie prend en charge et comment arriver prête au premier jour.
Ce qu'elle n'est pas : un avis médical. Elle ne remplace pas votre médecin, elle vous aide à arriver chez lui avec les bonnes questions. Elle ne compare pas les traitements entre eux et ne vous dira pas lequel prendre : c'est une décision qui se prend en consultation, avec quelqu'un qui connaît votre dossier.
Où en êtes-vous ?
Le guide est en trois parties, dans l'ordre où les questions se posent. Vous n'avez pas besoin de tout lire : entrez par la porte qui vous concerne.
- Vous n'avez pas commencé. Ce qu'est le GLP-1, ce qui existe, qui consulter, ce que ça coûte, comment se préparer : vous y êtes.
- Vous êtes sous traitement. Les premières semaines, les effets, manger assez, garder vos muscles, lire un plateau : pendant le traitement.
- Vous pensez à l'après. Arrêter, continuer autrement, maintenir, et ce que devient le corps : après le traitement.
Aucun formulaire, aucune donnée demandée : ce sont des liens.
Le GLP-1, qu'est-ce que c'est ?
Avant les noms de produits, le mot lui-même, parce qu'il revient dans chaque document que vous allez lire et qu'il n'est presque jamais expliqué.
Le GLP-1 est une hormone que votre intestin fabrique tout seul, en mangeant. Son nom complet est « glucagon-like peptide-1 » et il ne vous servira à rien : ce qui compte est ce qu'elle fait. Elle prévient le cerveau que le repas est en cours, elle ralentit la vitesse à laquelle l'estomac se vide, et elle aide le pancréas à gérer le sucre qui arrive. C'est en partie elle qui produit la sensation d'avoir assez mangé.
Votre corps en fabrique très peu et la détruit en quelques minutes. C'est le point de départ des traitements : ce sont des molécules construites pour ressembler à cette hormone et pour durer beaucoup plus longtemps qu'elle, de quelques heures à une semaine selon le produit. D'où l'injection quotidienne pour certains et hebdomadaire pour d'autres.
C'est aussi pour ça que les documents officiels ne disent pas « GLP-1 » tout court. L'Agence du médicament et l'Assurance Maladie écrivent « analogues du GLP-1 » ou « aGLP-1 » ; la littérature médicale écrit « agonistes du récepteur du GLP-1 ». Les trois désignent la même famille de médicaments, et c'est celle dont parle ce guide.
Ce que cette description ne dit pas, et qui est une autre question : à qui ces traitements sont indiqués, ce qu'ils font perdre, et à quelle dose. Les trois demandent un médecin, et les deux dernières sont écrites plus bas sous « Ce que cette partie ne dit pas encore ».
Les traitements et les laboratoires qui les fabriquent
Il y a peu de produits, mais leurs noms se ressemblent, et c'est de là que vient la plus grande partie de la confusion. Voici qui fabrique quoi et à quoi chaque produit sert. Cette section nomme et distingue ; elle ne compare pas les efficacités et n'indique aucune dose.
Une même molécule, deux noms, deux indications
Le sémaglutide est fabriqué par le laboratoire danois Novo Nordisk. Il est vendu sous deux noms en France, et ce n'est pas un détail de marketing :
- Ozempic est autorisé pour le diabète de type 2. Il n'a pas d'autorisation pour la perte de poids, et l'Assurance Maladie ne le rembourse que dans le diabète. Depuis le 1er février 2025, le pharmacien vérifie avant de le délivrer que la prescription concerne bien un diabète.
- Wegovy est le même sémaglutide, autorisé pour la perte de poids chez l'adulte, dans des conditions précises.
Si un médecin vous parle d'Ozempic pour maigrir, il vous parle d'un usage hors autorisation. Ce détournement a existé à grande échelle et a créé des pénuries pour les personnes diabétiques ; c'est la raison du dispositif de contrôle en pharmacie. Il n'y a rien à gagner à passer par là : le produit indiqué pour vous existe, c'est Wegovy.
Le tirzépatide
Le tirzépatide est fabriqué par le laboratoire américain Eli Lilly et vendu sous le nom de Mounjaro. Il est autorisé à la fois pour le diabète de type 2 et pour la perte de poids chez l'adulte. C'est une molécule différente du sémaglutide, même si elle agit sur la même famille de récepteurs.
Le liraglutide
Le liraglutide, également de Novo Nordisk, est plus ancien. Saxenda est sa version autorisée pour la perte de poids ; Victoza est la version pour le diabète. Saxenda s'injecte tous les jours, là où Wegovy et Mounjaro s'injectent une fois par semaine. Il n'est pas remboursé en France.
Ce qui n'existe pas légalement en France
Vous verrez circuler des noms de molécules « en développement », des produits « à usage de recherche » et des préparations dites magistrales de sémaglutide. Aucun de ces produits n'est un médicament autorisé en France. La section Ce qui est illégal ou dangereux y revient.
Ce que ces traitements ne sont pas
L'Agence du médicament le dit en une phrase et elle vaut d'être citée telle quelle : ces médicaments « ne doivent pas être utilisés pour la perte de poids à des fins esthétiques ». Ils sont des traitements de seconde intention, après l'échec d'une prise en charge nutritionnelle, et toujours en association avec une alimentation adaptée et de l'activité physique. Si vous n'êtes ni en surpoids ni en situation d'obésité, ce guide n'est pas pour vous, et un médecin qui vous prescrirait un de ces produits ne vous rendrait pas service.
Qui consulter, et dans quel ordre
La question a deux réponses selon que vous visez un traitement remboursé ou non, et c'est la première chose à savoir avant de prendre rendez-vous.
Pour une prescription remboursée : un spécialiste, dans une structure précise
Depuis le 15 juin 2026, la première ordonnance ouvrant droit au remboursement est réservée à certains médecins : les spécialistes en endocrinologie-diabétologie-nutrition, les médecins ayant une compétence en nutrition, et les chirurgiens bariatriques. Et ce n'est pas seulement une question de spécialité, c'est aussi une question de lieu : ces médecins doivent exercer dans un centre spécialisé de l'obésité, dans une structure de soins de suite spécialisée en nutrition, ou dans un centre hospitalo-universitaire.
Votre médecin traitant ne peut donc pas faire cette première ordonnance. En revanche, une fois le traitement commencé par un spécialiste, le renouvellement peut être fait par tout médecin, y compris lui. Dans les faits, c'est souvent lui qui vous suivra ensuite.
Pour une prescription non remboursée : tout médecin
Depuis le 23 juin 2025, tout médecin peut prescrire Wegovy, Mounjaro ou Saxenda dans le cadre de leur autorisation, y compris pour une première ordonnance. Un médecin généraliste, un médecin de téléconsultation, un endocrinologue en ville : tous peuvent le faire. Ce que vous payez alors, c'est le prix du médicament en pharmacie, sans prise en charge de l'Assurance Maladie. Depuis le 15 juin 2026, ce prix est réglementé : il est le même dans toutes les pharmacies et dépend de la dose. Wegovy coûte de 146,91 € à 195,10 € par stylo, Mounjaro de 176,10 € à 433,80 € par stylo ; un stylo couvre environ 1 mois de traitement.
L'autorisation du médicament est plus large que le remboursement, et l'écart entre les deux est exactement la zone où l'on paie tout : elle couvre l'adulte à partir d'un IMC de 30 kg/m², et à partir de 27 kg/m² en présence d'au moins une comorbidité liée au poids. Entre ces seuils et ceux de la prise en charge, la prescription est légale et le remboursement nul.
Les centres spécialisés de l'obésité
Les CSO sont les centres de référence, rattachés à des hôpitaux, qui prennent en charge les situations d'obésité sévère ou complexe. Ce sont eux qui, avec les CHU, portent l'essentiel des premières prescriptions remboursées. Leur liste par région est publiée par le ministère de la Santé, dans un annuaire national mis à jour régulièrement ; le lien est en bas de ce guide. Une chose à savoir avant d'appeler : depuis l'ouverture du remboursement en juin 2026, ces centres reçoivent un afflux de demandes, et les délais se sont allongés. Prenez rendez-vous tôt, et demandez en parallèle à votre médecin traitant s'il connaît un endocrinologue en lien avec un centre.
Le rôle de chacun
Vous rencontrerez plusieurs personnes, et il est utile de savoir ce que chacune apporte.
- Le médecin traitant : il connaît votre histoire, il vous oriente, et il renouvelle une fois le traitement lancé.
- L'endocrinologue ou le médecin nutritionniste : c'est le prescripteur de la voie remboursée, et celui qui décide de la dose et de son évolution.
- Le diététicien ou la diététicienne : ce n'est pas un médecin, et c'est justement la personne qui vous aidera concrètement à manger quand l'appétit disparaît. Cherchez-en une qui connaît les traitements GLP-1.
- Le ou la psychologue : pour le rapport à la nourriture, l'image de soi, et ce qui remonte quand on perd vite.
- Le coach en activité physique adaptée : pour garder vos muscles, ce qui est la partie du traitement que personne ne fait à votre place.
- Le pharmacien : il vérifie le formulaire, il vous montre le stylo, il sait quand le produit est en rupture et quand il revient.
Préparer la première consultation
Le médecin va vous poser des questions précises, et arriver avec les réponses fait gagner une consultation entière. Notez avant d'y aller :
- votre poids aujourd'hui et son évolution sur les dernières années, aussi honnêtement que possible ;
- ce que vous avez déjà essayé, quand, et ce que ça a donné ;
- les suivis nutritionnels que vous avez eus, avec les dates, parce que la voie remboursée demande qu'une prise en charge nutritionnelle ait été tentée avant ;
- vos problèmes de santé connus et vos traitements en cours ;
- vos derniers résultats de prise de sang, si vous en avez.
Et vos questions à vous. Combien de temps, quels effets, que se passe-t-il si ça ne marche pas, qui appeler si quelque chose ne va pas.
Si le médecin refuse, ou ne connaît pas
Ça arrive, et ce n'est pas la fin du parcours. Un refus peut être justifié : le traitement n'est pas indiqué pour tout le monde, et un médecin qui vous le dit fait son travail. Demandez-lui de vous expliquer pourquoi, et ce qu'il propose à la place. Si le refus vient d'une méconnaissance du sujet, vous avez le droit de consulter un autre médecin, et un spécialiste est de toute façon la voie normale. Ne vous tournez jamais vers un « fournisseur » en ligne pour contourner un refus : c'est illégal, et c'est dangereux.
Les critères qui ouvrent le remboursement
Ils sont publics et ils sont chiffrés. Les connaître avant de prendre rendez-vous évite d'arriver en croyant la porte ouverte quand elle ne l'est pas, et évite surtout de renoncer en croyant l'inverse. Depuis le 15 juin 2026, l'Assurance Maladie prend en charge Wegovy et Mounjaro dans l'obésité chez l'adulte qui remplit l'une des deux conditions d'IMC :
- un IMC supérieur ou égal à 40 kg/m², sans autre condition de santé ;
- un IMC supérieur ou égal à 35 kg/m², avec au moins une comorbidité liée au poids.
S'y ajoute, dans les deux cas, une condition qui ne porte pas sur votre corps mais sur votre parcours : l'échec d'une prise en charge nutritionnelle bien conduite, défini comme moins de 5 % de perte de poids au bout de six mois. Le traitement reste par ailleurs prescrit en association avec une alimentation adaptée et une activité physique : il ne les remplace pas, et le formulaire le rappelle.
Les comorbidités reconnues ne sont pas seulement métaboliques, et c'est la partie que l'on ignore le plus souvent : diabète de type 2, hypertension traitée, anomalie des triglycérides résistante au traitement, stéatohépatite ou fibrose du foie, syndrome des ovaires polykystiques, infertilité relevant de l'assistance médicale à la procréation, maladie rénale chronique, apnée du sommeil, asthme sévère, lombalgie chronique, atteinte articulaire invalidante, incontinence urinaire, hernie, hypertension intracrânienne idiopathique, handicap moteur. Si l'une d'elles vous concerne, notez-la avant le rendez-vous avec le nom de son traitement : c'est elle qui fait la différence entre le seuil de 40 et celui de 35.
Votre IMC est votre poids en kilogrammes divisé par le carré de votre taille en mètres. C'est un indicateur grossier, qui ne dit rien de la répartition du poids ni de la masse musculaire, mais c'est celui sur lequel le remboursement est écrit.
Dit autrement, ces seuils sont ceux de la population déjà éligible à la chirurgie bariatrique. C'est un cadre étroit, et il laisse dehors une grande partie des personnes à qui ces traitements peuvent légalement être prescrits. C'est la raison d'être du second chemin, et la raison pour laquelle il est payant.
Le parcours d'accès, étape par étape
Il y a deux chemins, et ils ne se ressemblent pas. Le premier suppose les critères ci-dessus ; le second ne suppose que l'autorisation du médicament. Ce qui suit décrit les étapes de chacun. Remplir les critères n'oblige d'ailleurs personne à vous prescrire quoi que ce soit : ce qui relève de la décision médicale, à commencer par les contre-indications, est vérifié par le médecin avec vous.
Le chemin remboursé
- Votre médecin traitant. C'est le point de départ le plus fréquent. Il évalue votre situation, prescrit un bilan sanguin, et vous oriente vers un spécialiste ou un centre.
- Le spécialiste, dans sa structure. Un endocrinologue en lien avec un centre spécialisé, ou une consultation dans un CSO ou un CHU. Comptez un délai, souvent long.
- La première ordonnance et le formulaire. Si le traitement est indiqué et que les conditions du remboursement sont réunies, le spécialiste rédige l'ordonnance et remplit un formulaire d'accompagnement à la prescription, en ligne ou sur papier. Il vous le remet en même temps que l'ordonnance. Conservez-le : vous le présenterez en pharmacie à chaque délivrance.
- La pharmacie. Le pharmacien vérifie l'ordonnance et le formulaire. Si le formulaire est conforme, le médicament est pris en charge. Sinon, il ne l'est pas, quel que soit le prescripteur.
- Les renouvellements. Ensuite, tout médecin peut renouveler, votre médecin traitant en premier.
Une précision qui concerne les personnes déjà sous traitement avant le 15 juin 2026 : le formulaire est demandé à elles aussi, rempli par un médecin habilité, pour que le remboursement s'applique.
Le chemin non remboursé
- Un médecin, n'importe lequel, en cabinet ou en téléconsultation, dans le cadre de l'autorisation du produit.
- L'ordonnance, sans formulaire particulier.
- La pharmacie, où vous réglez le prix du médicament.
Ce chemin est plus rapide. Il est aussi plus cher, et il vous laisse plus seule pour la suite : personne ne vous impose un suivi. C'est à vous de le construire, et c'est précisément ce que le reste de ce guide essaie de rendre possible.
Ce qu'on vous demandera d'avoir fait avant
La voie remboursée exige qu'une prise en charge nutritionnelle ait été tentée et n'ait pas suffi, et « n'ait pas suffi » a une définition chiffrée : moins de 5 % de perte de poids au bout de six mois de suivi bien conduit. Voir Les critères qui ouvrent le remboursement. Si vous avez déjà été suivie par un diététicien, un médecin nutritionniste ou un programme structuré, retrouvez les dates et les résultats : c'est ce qui documente cette étape. Si vous ne l'avez jamais été, le médecin pourra vous proposer de commencer par là, et ce n'est pas du temps perdu, c'est la première marche du parcours.
Combien de temps ça prend
Personne ne peut vous donner une durée fiable, et ce guide ne vous en inventera pas une. Ce qui allonge le délai : le temps d'attente chez le spécialiste, qui s'est accru depuis juin 2026, et le fait d'avoir ou non un suivi nutritionnel déjà documenté. Ce qui le raccourcit : arriver à la première consultation avec le dossier prêt, et prendre le rendez-vous chez le spécialiste sans attendre que tout le reste soit fait.
Se préparer avant la première injection
Vous avez l'ordonnance, ou vous l'aurez bientôt. Les quelques jours avant la première injection servent à une chose : que le traitement arrive dans une vie qui est prête à le recevoir.
Prendre vos mesures de départ
C'est la chose que les femmes regrettent le plus de ne pas avoir faite. Le poids seul ne raconte pas ce qui se passe ; la perte de graisse et la perte de muscle pèsent pareil sur la balance. Avant la première injection :
- votre poids, le matin, à jeun, sur la balance que vous utiliserez ensuite ;
- votre tour de taille et votre tour de hanches, au mètre ruban, au même endroit à chaque fois ;
- une photo de face et une de profil, dans la même tenue, que vous ne montrerez à personne si vous ne voulez pas ;
- vos derniers résultats de prise de sang, rangés quelque part où vous les retrouverez.
Vous vous remercierez dans 3 mois.
Préparer la cuisine
L'appétit va baisser, parfois beaucoup, parfois dès la première semaine. Le risque n'est pas de trop manger, c'est de ne plus manger assez, et surtout pas assez de protéines. Avant de commencer, faites une liste de courses qui répond à la question « qu'est-ce que je peux manger en petite quantité et qui me nourrit ? » : des œufs, du fromage blanc, du poisson, du poulet, des légumineuses, des yaourts nature. Prévoyez des petites portions plutôt que des plats. La deuxième partie, Manger assez, et assez de protéines, entre dans le détail.
Préparer le matériel
- Le stylo se garde au réfrigérateur. Faites-lui une place avant de le ramener de la pharmacie. La notice indique combien de temps il tolère d'être sorti du froid ; lisez-la pour votre produit, les deux stylos n'ont pas les mêmes règles.
- Les aiguilles. Selon le produit, elles sont intégrées au stylo ou fournies à part. Vérifiez à la pharmacie que vous avez ce qu'il faut.
- La boîte pour les aiguilles usagées. Les aiguilles ne vont pas à la poubelle. Il existe une filière dédiée aux déchets piquants des patients qui se traitent eux-mêmes, avec une boîte prévue pour ça : demandez-la à votre pharmacien, qui vous dira aussi où la rapporter une fois pleine.
- De quoi noter. Un carnet ou une application : la date de l'injection, la dose, le poids de la semaine, ce que vous avez ressenti. Ce carnet est ce que vous montrerez au médecin au renouvellement.
Choisir son jour
Les traitements hebdomadaires se prennent le même jour chaque semaine. Choisissez ce jour avec soin, surtout au début : beaucoup de femmes préfèrent une veille de jour calme, pour que les premières heures se passent sans réunion ni trajet. Ce qui compte est la régularité ; le jour lui-même vous appartient.
Préparer le mental
Deux choses à se dire avant de commencer. La première : le traitement ne fait pas tout, et il est prévu pour être accompagné d'une alimentation adaptée et d'activité physique. Ce n'est pas une phrase de notice, c'est ce qui décide de ce que vous garderez après. La seconde : vous n'avez pas à en parler si vous ne voulez pas. À qui, quand et comment le dire est une question qui a sa place plus loin, dans La vie quotidienne. Pour l'instant, la seule personne qui doit être au courant est celle qui vous prescrit.
Ce qui est illégal ou dangereux
Cette section ne renvoie vers aucun vendeur, aucun site et aucun compte, y compris pour les citer en exemple. Elle vous dit ce qui n'existe pas légalement en France, et pourquoi il ne faut pas y toucher.
Acheter sans ordonnance en ligne
En France, la vente en ligne d'un médicament sur ordonnance est illégale. Seuls les médicaments sans ordonnance peuvent être vendus en ligne, et uniquement par des pharmacies autorisées. Tout site qui vous propose Wegovy, Mounjaro, Saxenda, Ozempic ou « du sémaglutide » sans ordonnance vous propose un produit illégal, et l'Agence du médicament a signalé une dizaine de sites au procureur et à la plateforme Pharos pour cette raison. Ce qui est vendu peut être contrefait : l'ANSM alerte sur des produits qui « peuvent ne pas contenir la substance active annoncée » ou « contenir des substances toxiques pour l'organisme, à des concentrations dangereuses ».
Les peptides « à usage de recherche »
Des molécules en développement, ou des versions « recherche » de molécules existantes, se vendent sous cette étiquette. Ce ne sont pas des médicaments : personne ne contrôle ce qu'il y a dans le flacon, ni la dose, ni la stérilité. Le vendeur prend un risque pénal ; vous prenez un risque pour votre santé, sans aucun recours.
Les préparations magistrales
Aux États-Unis, des préparations de sémaglutide faites en pharmacie ont existé pendant les pénuries. En France, ce n'est pas autorisé. Une « préparation » de sémaglutide proposée en France n'a pas de cadre légal, quel que soit celui qui la propose.
Ramener des stylos de l'étranger
Un médicament acheté légalement dans un autre pays avec une ordonnance peut poser des questions à la douane et, surtout, de chaîne du froid : un stylo qui a voyagé plusieurs jours sans réfrigération n'est plus fiable. Si vous envisagez cette voie, parlez-en au pharmacien avant, pas après.
Reconnaître une arnaque
Les signes se ressemblent : un produit sans ordonnance, un prix bien plus bas qu'en pharmacie, un compte sur un réseau social ou une messagerie qui propose « de la Wegovy » en message privé, un « médecin » qui prescrit sans vous poser de question, un paiement demandé hors de tout circuit normal. Un seul de ces signes suffit.
Si vous avez déjà acheté
N'utilisez pas le produit. Montrez-le à votre pharmacien ou à votre médecin, qui sauront quoi en faire. Si vous l'avez utilisé et que quelque chose ne va pas, consultez, et dites d'où il vient : c'est ce qui permet de vous soigner. Vous pouvez signaler le site sur internet-signalement.gouv.fr et un effet indésirable sur signalement-sante.gouv.fr. Vous ne risquez rien à le faire, et vous protégez la suivante.
Vos droits
Un refus de prescription
Un médecin a le droit de refuser une prescription, et il doit vous en donner la raison. Vous avez le droit de demander un second avis à un autre médecin. Ce qui n'est pas un droit : exiger un traitement qui n'est pas indiqué pour vous, et un refus motivé n'est pas une faute.
Un refus de remboursement
Commencez par relire les critères, seuil par seuil, avec la date de votre suivi nutritionnel : Les critères qui ouvrent le remboursement. Un refus tient le plus souvent à un critère manquant ou à un formulaire incomplet, et les deux se corrigent. Si l'Assurance Maladie refuse une prise en charge que vous pensez due, un recours existe : la commission de recours amiable de votre caisse, puis le médiateur de l'Assurance Maladie. Les délais et la procédure sont sur ameli.fr et dans le courrier de refus lui-même. Gardez tous les documents, à commencer par le formulaire d'accompagnement.
La discrimination liée au poids
L'apparence physique est un motif de discrimination interdit par la loi française, au travail comme ailleurs. Une remarque n'est pas toujours une discrimination ; un refus d'embauche, une mise à l'écart ou un traitement différent qui y sont liés peuvent l'être. Le Défenseur des droits est l'autorité à saisir, et sa saisine est gratuite.
Vos données de santé
Ce que vous confiez à un médecin est couvert par le secret médical. Ce que vous saisissez dans une application ne l'est pas forcément : lisez à qui elle transmet vos données, et préférez celles qui le disent clairement. Vous avez le droit de demander à n'importe quel service ce qu'il détient sur vous et de le faire effacer.
Idées reçues
« C'est de la triche. » Un traitement prescrit pour une maladie reconnue n'est pas une triche. Personne ne dit ça d'un traitement contre l'hypertension.
« On reprend tout de toute façon. » Ce que montrent les études après un arrêt brutal est une reprise importante, pas une reprise totale, et ce que vous faites pendant le traitement change ce qui se passe après. Voir Arrêter, ou continuer autrement.
« Ça détruit le pancréas. » Les effets sérieux existent et sont rares ; ils sont surveillés, et l'Agence du médicament maintient un rapport bénéfice-risque favorable dans les indications autorisées. Ce qui met en danger, c'est l'usage hors indication et les produits contrefaits.
« C'est pour les diabétiques. » Certains produits le sont. D'autres sont autorisés pour la perte de poids. Voir Les traitements et les laboratoires qui les fabriquent.
« Ozempic et Wegovy, c'est pareil. » Même molécule, pas la même autorisation, pas le même contrôle en pharmacie, et pas la même prise en charge.
« Si c'est autorisé, c'est remboursé. » Non. L'autorisation et le remboursement ont deux seuils différents, et le second est nettement plus haut que le premier. Voir Les critères qui ouvrent le remboursement.
« Le naturel fait pareil. » Aucun complément alimentaire n'a l'effet de ces traitements, et ceux qui le prétendent ne sont pas contrôlés comme des médicaments. Ce qui « fait pareil » sans ordonnance est, au mieux, inefficace.
Ce que cette partie ne dit pas encore
Elle dit les critères chiffrés du remboursement, parce qu'ils sont publics et que les taire revient à laisser croire que la porte est ouverte pour tout le monde. Elle ne dit pas les contre-indications, ni la comparaison chiffrée des traitements entre eux, ni les schémas de dose. Ces parties-là ne sont pas des règles administratives : elles touchent à la décision médicale et attendent la relecture d'un professionnel de santé nommé. Elles arriveront signées, ou elles n'arriveront pas.
La suite
Quand le traitement commence, les questions changent : les premières semaines, les effets, ce qu'on arrive à manger, ce qu'on garde de ses muscles. C'est la deuxième partie, pendant le traitement. La question de la sortie se prépare pendant qu'il est encore temps, et elle a sa partie à elle, après le traitement.



